La Havane, une ville du passé tournée vers le futur

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Un séjour à Cuba n’est pas un séjour comme les autres. Cuba, c’est une île à l’histoire riche, belle et tragique. Une île au mode de vie unique, qui ne laissera personne indifférent. Cuba est une aventure à vivre pleinement !

Cet article a été rédigé en juin 2019. Au moment où vous le lirez, le récit pourra vous sembler surprenant. Car le Cuba de 2019 n’est pas celui de 2014, encore moins celui de 2004. Et le Cuba de 2025 n’aura plus grande chose à voir avec le Cuba de 2019. Sa capitale, La Havane, est le témoin privilégié de cette évolution qui va aussi bien dans le bon sens que dans le mauvais.

La petite histoire de la capitale de Cuba

Pour simplifier, La Havane est constituée de 3 quartiers distincts : Habana Vieja, Vedado et Miramar. Précisons-le de suite, une bonne partie de mon récit sera centré sur le premier. Non pas que les deux autres sont inintéressants. Au contraire, c’est dans ces quartiers que se concentre la vie locale havanaise. Néanmoins, six jours à La Havane passent vite et il est difficile de décrocher de la beauté de la vieille ville.

Vous l’aurez facilement compris, Habana Vieja signifie “la vieille Havane”. Autrement dit, la vieille ville de La Havane. Son histoire est riche. En tant que ville, à l’emplacement de Habana Vieja, La Havane fut officiellement fondée par les Espagnols en 1519. Officieusement, La Havane a été établie 5 années plus tôt mais pas au même endroit ! Plutôt, il s’agissait de deux mêmes entités qui ont été unifiéee en 1519.

La Havane fut l’une des villes les plus importantes de l’Empire espagnol. Plaque tournante du commerce de marchandises et du trafic humain, la capitale cubaine a été la vitrine et la lumière de cet empire puissant. C’est de cette époque coloniale que furent édifiés les bâtiments de la vieille Havane, les fameuses maisons coloniales.

La Havane fut également un centre intellectuel majeur des Antilles, point de départ ou d’arrivée des révolutions, vélléités d’indépendance et autres revendications. José Marti, Carlos Manuel de Cespedes, Fulgencio Batista, Ernest Hemingway, Fidel Castro, Che Guevara. Autant de figures aussi différentes les unes que les autres mais toutes liées à la capitale cubaine. Un lien parfois si fort que le brave Hemingway a droit à sa statue dans un célèbre bar !

Mais avant de vous narrer les beautés de la capitale cubaine, n’oublions pas que La Havane est le résultat d’un empire brillant mais cruel. Avant l’arrivée des Espagnols, Cuba était peuplée de tribus amérindiennes, les Taïnos. Moins de 80 ans plus tard, ces tribus avaient disparu. Soit parce qu’elles ont été méthodiquement massacrées par les conquistadors afin de s’emparer de leurs terres. Soit, on le sait moins, en raison de nombreuses épidémies dévastatrices, les Taïnos n’étant pas immunisés contre les maladies occidentales. Le métissage de Cubains, à juste titre si vanté, a pour origine un mélange de colons espagnols, d’esclaves noirs venant d’Afrique et de Chinois débarqués au tournant du XXè siècle. Bien qu’une bonne partie de l’Amérique du nord et caribéenne soit ainsi, il est important de rappeler que les Cubains sont l’un des peuples les plus représentatifs d’une époque où les Européens ont conquis le nouveau Monde sans faire preuve d’une grande diplomatie.

Une architecture décrépie mais merveilleuse

Revenons donc au voyage ! Marcher dans Habana Vieja, c’est se perdre dans des ruelles qui, au fond, se rassemblent toutes mais dont les édifices ont chacun un message différent à nos yeux. La beauté des maisons coloniales, reconnaissons-le aux Espagnols, est subjuguante.

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Il y a quelques décennies, ce témoignage de l’histoire était à l’abandon. La décrépitude, qui a de nos jours un côté terriblement charmant, devenait atroce. La classement au patrimoine mondial de l’Unesco, en 1982, a permis une restauration qui a fait un bien fou aux habitants de ces demeures mais a aussi permis de redonner leur éclat à ces édifices grandioses.

Bien-sûr, il y a des rues ou places plus célèbres que d’autres : la calle Obispo (sans lien avec Pascal) et ses bars, cafés ou restaurants. La Plaza de Armas, ombragée et entourée de merveilles architecturales (photo 1). La Plaza Vieja, tristement célèbre pour son marché aux esclaves mais mise en valeur par de sompteux palais (photo 2). La Plaza de la Catedral et son édifice religieux du même nom (photo 3). Mais toutes les ruelles de la vieille Havane méritent une petite halte, un détour pour le plaisir des yeux.

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Que faire à Habana Vieja ?

Vous l’aurez compris, tout se fait à pied. D’une part, la plupart des rues de la vieille ville sont interdites (officiellement du moins…) aux voitures. Il est donc aisé de tout visiter à pied, d’autant que la taille est aussi réduite. D’autre part, marcher est le meilleur moyen de ne pas manquer un essentiel, un maison dont on tombe sous le charme ou pour regarder un groupe jouer de la musique.

La musique ? C’est une activité incontournable à Habana Vieja et à Cuba en général ! Il y a des groupes de musiciens ou des solistes à de nombreux coins de rue, cafés ou restaurants. L’activité musicale est encore plus prégnante la nuit tombée. Oui, La Havane ne dort jamais et ne vous attendez pas à une nuit calme sans un bruit pour tomber dans les bras de Morphée ! La ville est bruyante… mais on s’y fait facilement car l’on est énivré par l’ambiance locale. Sans conteste, profitez de vos soirées à La Havane !

Les musiciens sont souvent accompagnés, bien malgré eux, de danseurs improvisés. Les passants s’arrêtent et se mettent à danser au rythme de la salsa. Mais, parfois, ce sont des habitués accompagnant les groupes, comme ce vieil homme posté chaque jour au café de Paris.

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Non, le “vieil homme” n’est pas la chaise au premier plan
Le voici !

Si je devais vous conseiller un lieu de visite particulier, optez pour le Museo de la Ciudad située sur la Plaza de Armas. De belles décorations coloniales dans un palais du XVIIIème siècle.

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Parlons gastronomie. Ne le cachons pas, Cuba n’est pas réellement une destination culinaire. C’est assez répétitif. Je conseille d’éviter les restaurants d’Etat, qui sont souvent plus chers et moins bons que les restos privés, appelés paladares. Mis à part les cafétariats locales où vous pouvez utiliser des CUP (je reviens sur la dualité des monnaies dans un autre article), se nourrir à Cuba n’est pas donné contrairement à ce que laisserait penser le niveau de vie du pays. Pour ceux qui aiment la langouste, ce crustacé hors de prix chez nous, vous serez ravi ! De belles queues de langouste grillées, bien accompagnées par riz et crudités, vous attendent pour 10 à 20 € selon où vous vous trouvez ! En général, optez plutôt pour poissons et crustacés plutôt que pour la viande. Pour les végétariens, il existe également de nombreux choix.

Enfin, évoquer un séjour à Cuba sans parler des cocktails serait comme parler d’un cavalier sans son cheval ! Cuba est LA destination pour les amateurs ! Vous en trouvez partout, à des prix n’ayant rien à voir avec chez nous, meilleurs et plus corsés. Tous les cocktails locaux sont à base de rhum Havana Club, la star locale, un vrai monopole… mais le monopole est un pléonasme cubain ! 🙂 Pour le coup, c’est un bon monopole : ce rhum est bien meilleur que les autres et votre mojito n’en sera que plus savoureux.

Si vous voulez faire le touriste, il existe 2 bars mythiques : la Bodeguita del Medio et la Floridita. Le premier est célèbre pour ses mojitos, le second pour ses daiquiris. Mais les deux ont trois points communs : ils sont TRES chers par rapport aux autres, ils sont surfréquentés par les touristes et ils ont été rendus célèbres par Hemingway. Vous passerez obligatoirement devant les deux… et vous choisirez de vous y arrêter ou non 🙂

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La statut d’Hemingway accoudée au bar de la Floridita !

Que voir en dehors de Habana Vieja ?

Bien entendu, La Havane ne se résume pas à sa vielle ville. Mais, comme je l’ai dit, nous sommes restés concentrés sur cette partie car elle nous a captivée, du début à la fin. Je ne vais donc pas faire des lignes sur Miramar et le Vedado que je connais fort peu. Je n’ai notamment pas été au célèbre cimetière de Colon. Mais je suis passé devant la fameuse Plaza de la Revolucion, dont le style ne m’a guère inspiré.

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Toutefois, vous ne manquerez pas de faire un crocher au Malecon. Cette route littorale semble sans attrait particulier et trop longue (7 km). Toutefois, elle permet d’admirer le large, les vagues se jetant sur les digues, les pêcheurs, un beau coucher de soleil et les Havanais faisant la fête en soirée ! Le Malecon est donc plus une ambiance qu’un lieu à voir. Nul besoin de marcher les 7 bornes, du début du Malecon, tout au nord de la ville, jusqu’au bâtiment au centre sur la première photo, cela suffit pour y trouver une ambiance si particulière mais si sympathique.

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Si vous avez un peu de temps, je vous conseille également d’aller faire un tour à la FincaVigia d’Hemingway à une quinzaine de km de La Havane. Pour vous y rendre, vous avez le taxi bien entendu mais attention au porte-monnaie. La solution la plus roots et la plus authentique est d’emprunter le bus P7 que vous trouverez au Parque de la Fraternidad et de vous arrêter, selon mon souvenir, à l’arrêt San Francisco de Paula. Prévoyez votre maps.me voire votre GPS en mode hors ligne car les arrêts sont ni indiqués ni annoncés ! Le coût ? 0.4 CUP soit… 1 centimes d’euro ! Ayez donc des CUP sur vous et si possible l’appoint.

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Enfin, last but not least, les voitures ! Non, je n’ai pas oublié les belles américaines ! Mais les voitures et plus généralement les particularités de Cuba font partie d’un autre article plus centré sur le sujet. Néanmoins, impossible de ne pas évoquer les belles Chevrolet, Buick ou Cadillac des années 40-50 dans un article consacré à La Havane. Ces voitures sont le symbole de Cuba, de la conservation, de l’ingéniosité des locaux pour les préserver, quitte à les faire fonctionner avec des moteurs n’ayant plus rien à voir avec celui d’origine. Faire un tour en belle américaine est loin d’être donné et c’est vraiment “touristique”. Mais comment résister à monter dans une voiture dans laquelle on n’aura probablement plus jamais l’occasion de remonter, à moins de revenir à Cuba ? 🙂

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La Havane est donc une ville à voir, une ville si belle et si différente qu’un premier séjour à Cuba ne peut être conçu sans visiter sa capitale. L’article aurait pu être plus détaillé sur certains points mais mon but était plutôt de vous donner un ressenti. Quoiqu’il arrive, je souhaite réellement que Cuba ne devienne pas une attraction à touristes comme le sont devenues certaines îles des Caraïbes. L’avenir nous le dira et, lorsque vous lirez cet article quelques années après sa rédaction, vous aurez peut-être déjà la réponse.

  1. Fabienne

    Bien belle destination.
    Toujours très intéressant à lire.
    La Havane, je connais ses voitures colorées…mais pas son Histoire.

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