Les indispensables de Rome : la Rome antique (partie 1)

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La Dolce Vita romaine, ses ruines antiques, ses églises, ses Vespa, ses lieux de vie, ses fous du volant… Rome est éternelle et unique ! La ville semble être un passage obligé pour tous, pour les voyageurs du dimanche, les aventuriers, les passionnés d’art et/ou d’histoire, les groupes touristiques.

Je pourrais parler de Rome de mille façons car la capitale transalpine se prête aisément à ce jeu des visages divers qu’elle renvoie. Tantôt antique, tantôt artistique ; tantôt épique, tantôt touristique. Alors j’ai choisi de vous narrer ses lieux mythiques, jamais loin des sentiers battus, avec les groupes de touristes en bus. C’est une première approche. Il y a aura nécessairement dans le futur un ou plusieurs articles sur la Roma loin des groupes touristiques.

 

Conseils pratiques pour Rome

Mmm… pour des villes de ce type, je ne pense pas qu’une longue énumération des compagnies aériennes et logements soient utiles ! Tout le monde connaît Rome, du bobo du Marais à Ginette de Saint-Bauzille-de-Putois (oui, ce village existe réellement).

Vous pouvez vous envoler pour Rome pour 10 €. Vous avez plusieurs vols chaque jour, depuis plusieurs villes françaises. C’est quand même pratique ! Vous pouvez aussi y aller en train, en voiture, en vélo, en stop, en cheval…

Loger à Rome ? Vous avez de tout, des auberges à 15 € la nuit en dortoir aux 5 étoiles avec jacuzzi. Les prix ne semblent pas varier en fonction de l’emplacement donc faites vous plaisir en logeant près des attractions touristiques. À moins que vous ne vouliez tenter l’aventure des transports en commun à Rome, avec ses 2 seules lignes de métro mais ses centaines de lignes de bus. Alors oui, comme je l’ai dit dans l’article sur Ostia Antica, je vous recommande de prendre le ticket valable 48 ou 72 heures car vous allez quoiqu’il arrive prendre le métro et le bus. Mais évitez de dormir trop loin d’un arrêt de métro car rien n’est simple avec les transports romains ! 🙂

Si vous voulez vivre comme un vrai touriste, ne restez pas plus de 2 jours. Vous aurez le temps de faire la queue pendant 5 heures en cumulé pour visiter 3 monuments, c’est quand même sympa, non ? Bon, comme vous êtes plus aventurier, évitez les vacances scolaires et les longs weekends pour ne pas avoir la foule même si vous aurez TOUJOURS du monde à Rome ! Roma, c’est Paris : à la fois belle, unique et dévouée au tourisme. On ne peut pas échapper à la foule !

Pour éviter de vous imposer un roman, j’ai préféré diviser cette narration en 3 parties. La première sera consacrée à la Rome antique, la seconde à la Rome classique, la troisième à la Rome catholique. Cet article sera donc uniquement consacré à la Rome antique… et touristique.

 

La Rome antique

Bien entendu, vous savez tous que Rome fut la capitale du grand Empire romain durant plusieurs siècles. Berceau de la civilisation occidentale, ses vestiges et héritages sont encore bien présents dans nos sociétés modernes. Lorsque que vous vous baladerez dans ses ruelles et ses boulevards, vous marcherez à la fois dans la Rome du Ier siècle et celle du monde d’aujourd’hui avec ses voitures et ses klaxons. Voici donc une présentation rapide des lieux emblématiques de la Rome antique.

Le Colisée et l’Arc de Constantin

Pour être un vrai touriste, rien de mieux que de commencer par le Colosseum (latin et anglais) ou Colosseo (italien). L’amphithéâtre Flavien, son nom d’origine tiré de la dynastie des trois empereurs ayant été témoin de sa construction, fut érigé au Ier siècle. Il est le plus grand édifice de la sorte jamais construit… et la principale attraction touristique de la Rome antique ! Il faut dire qu’il y a de quoi s’intéresser à ce lieu où se rassemblaient 65 000 personnes en transe devant les sanglants combats de gladiateurs ou tout autre spectacle loufoque mettant en scènes des bêtes exotiques ! Exotiques… du moins pour l’époque en Europe !

Vous êtes un touriste intelligent, vous allez donc acheter votre billet coupe-file sur internet avant d’arriver à Rome ! Cela vous évitera une file d’attente interminable ! Mais vous pouvez aussi payer un peu moins cher (12 € pour une entrée cumulée du Colisée, du forum romain et du Palatin), faire la queue et sympathiser avec vos compères de visite. Sympa, non ?

Vous découvrirez alors les vestiges de la célèbre arène : ses gradins, son hypogée (traduction : ses galeries souterraines d’où étaient enfermés les gladiateurs et les animaux avant le spectacle), sa grandeur !

Le Colisée, c’est un édifice grandiose et multi-fonctionnel. En général, le touriste lambda ne sait pas qu’une église avait été édifiée dans l’arène et que les espaces sous les arcades avaient été transformés en habitations et boutiques au Moyen-Âge. Encore mieux, au VIème siècle, elle fut transformée en cimetière ! Mais, quoi de plus normal pour une arène ayant applaudi la mort de milliers d’êtres vivants en son sein.

Avec la construction d’une ligne de métro, on ne voit plus grand chose du Colisée aujourd’hui depuis la rue !

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Une merveilleuse construction gâche la vue…

 

En sortant du Colisée, après avoir suivi les groupes, dirigez-vous vers la lancinante file de bus située entre le Colisée et le Circo Massimo (j’y viens !). Non, n’allez pas rejoindre un bus mais arrêtez-vous comme les autres devant l’arc de triomphe. Ah, il est beau me direz-vous ! Vous êtes en face de l’Arc de Constantin. Il fut érigé en 315 pour commémorer la victoire de Constantin Ier le Grand, fondateur de Constantinople (je place mon article…), contre Maxence au Pont Milvius en 312. Alors oui, prenez votre photo/selfie mais regardez avec précision ses bas-reliefs formidablement conservées après tant de siècles ! Pour la petite histoire, l’arc fut la propriété d’une famille noble durant un certain temps avant de redevenir un lieu public. L’arc de Constantin a inspiré de nombreux arcs de triomphe érigés postérieurement, comme notre célèbre arc parisien.

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Juste devant l’arc, une partie des ruines sont les fondations du colosse de Néron aujourd’hui disparu

Le Circus Maximus

Ah… Circo Massimo. C’est bien l’arrêt de métro ? Oui, mais pas seulement… Le Circus Maximus, en latin, n’est pas quelque chose de très touristique. Les groupes ne semblent pas s’intéresser à cet étrange espace vert en forme d’hippodrome invisible. Mais vous, vous êtes un touriste intelligent et vous irez y faire une promenade voire un pique-nique. Parce que le Circus Maximus, c’est tout simplement le plus grand stade que l’humanité ait connue. Entre 200 et 220 000 personnes s’amassaient pour voir les courses de chars à la Ben-Hur, l’un des grands spectacles de l’époque antique.

Les seuls vestiges encore présents sont ceux de la tribune impériale que vous voyez en arrivant sur les lieux. La tour centrale, si elle ressemble fortement à celle qui se trouvait autrefois, fut en fait construite à l’époque médiévale. Et la vue sur le Palatin est imprenable comme vous le verrez dans ma vidéo.

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Le Circus Maximus avec le Palatin en arrière-plan

 

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La tour médiévale et les vestiges de la tribune impériale

Le forum romain et le Palatin

Revenez sur vos pas ! Vous aurez 2 possibilités de visite : le Palatin et le forum romain. Pour vous, touristes, on peut choisir en fonction de ce que l’on peut voir de l’extérieur : si vous pouvez admirer une large partie du forum depuis le Colisée, le Palatin et même la rue, vous ne verrez pas grand chose du Palatin sans le visiter. Peu importe ce que vous visiterez, les lieux sont fréquentés de touristes comme vous qui attendent leur place pour se faire photographier !

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L’arc de Titus en arrière-plan et le temple de Venus et de Rome au premier plan

 

Comment bien différencier les deux ? Le Palatin est sur la colline… C’est un début mais l’on n’ira pas loin avec ça. Le Palatin, c’est la colline la plus centrale des 7 qui composent la ville de Rome, c’est le lieu d’établissement des palais impériaux (domus) et des plus anciens monuments de la ville. La légendaire grotte appelée Lupercal, celle où Romulus et Rémus furent trouvés et nourris par une louve, aurait été découverte en 2007 sur le Palatin. Légende oblige, le lieu reste sujet à discussion !

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Le forum avec la colline du Palatin en arrière-plan

 

Le forum romain, c’est le centre de la ville. Comprenant d’innombrables vestiges, l’on dit que ce lieu fut la plus grande place de célébrations que l’humanité ait connue. Décidément, après le Circus Maximus, ça fait déjà 2 fois que j’emploie l’expression « que l’humanité ait connue » ! Le forum était le centre politique, économique et religion de Rome, que ce soit sous l’Empire, la République et même sous la monarchie renversée en – 509.

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Le forum de César

 

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Le forum de César et le Colisée en arrière-plan

 

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Les marchés de Trajan ne font pas partie du forum romain mais sont situés juste en face

 

Je ne vous ferai pas un inventaire à la Prévert car c’est inutile (et le touriste a son guide et son dépliant à l’entrée !). Je retiens 3 monuments symboliques : la Curie Julia, pour sa conservation exceptionnelle, qui n’était autre que le Sénat romain et qui fut transformée en église au VIIème siècle. Le second monument est l’arc de Septime Sévère, pour sa ressemblance avec celui de Constantin, et la maison des Vestales, pour son utilisation puisqu’elle accueillait les Vestales, prêtresses célébrant le culte de Vesta et vouées à la chasteté !  Mon choix est très subjectif, il est impossible de tout citer.

 

Les thermes de Caracalla

Bon, là, je prends un risque : les thermes de Caracalla ? Si l’endroit est fréquenté, on est loin des visites en groupe comme dans les lieux précédents. Pourtant, ces thermes méritent un intérêt tout aussi important. Construits entre 212 et 217, durant le règne des empereurs Septime Sévère et Caracalla, ces bains étaient les seconds plus grands de la ville après les thermes de Dioclétien.

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L’immensité des tours du caldarium des Thermes de Caracalla (44 mètres de hauteur !)

 

Ils pouvaient accueillir entre 6 et 8000 personnes par jour et ont été utilisés jusqu’au VIème siècle. On y trouvait alors toutes les salles habituelles des thermes romains : un caldarium (salle chaude), des frigidarium (salles froides), des palestres (salles de gym) et même une piscine olympique ! Pour simplifier, le complexe était divisé en 2 avec deux côtés symétriques où l’on trouvait les mêmes salles. Lors de la chute de l’Empire romain et après l’arrivée des Ostrogoths, les thermes de Caracalla furent abandonnés.

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L’une des entrées du complexe

 

Les bains étaient surtout célèbres pour les superbes mosaïques et statues qui se trouvaient à l’intérieur. Non seulement les Romains pouvaient se détendre gratuitement, ils pouvaient en plus profiter d’un véritable palace ! Si la quasi-totalité des mosaïques ont malheureusement disparu, celles conservées se trouvent dans plusieurs musées aux côtés des statues également exposées.

Pour l’anecdote, les thermes de Caracalla font partie des premiers monuments antiques à proposer aux visiteurs une reconstitution en réalité virtuelle. Moyennant quelques euros supplémentaires, vous emportez l’équivalent de lunettes Samsung Gear VR et vous vous baladez dans les lieux comme à l’époque de la Rome antique. Personnellement, je confesse une passion folle pour ces reconstitutions car j’ai toujours rêvé de pouvoir remonter dans le temps afin de découvrir à quoi rassemblaient les lieux autrefois. La reconstitution historique grâce à la réalité virtuelle est une aubaine pour moi et je vous assure que je ne regrette pas les euros dépensés !

Sans réalité virtuelle, ma vidéo vous donnera un aperçu du complexe.

Après la première partie consacrée à la Rome antique, voici la seconde sur ce que j’appelle la Rome classique. Pour éviter de me répéter, je vous renvoie à mon article précédent pour la partie introductive sur les indispensables de Rome.

 

Le Pantheon

On quitte le quartier du Colisée/Forum pour aller dans le « centre-ville ». Si les vestiges romains sont ici aussi nombreux, je ne vais évoquer que le Pantheon. Pour rester à la fois dans l’indispensable, le (malheureusement) trop touristique mais aussi pour rendre hommage à un héritage unique de l’Humanité (avec un grand H ! ).

Volontairement sans accent sur le e pour éviter la confusion avec son homologue parisien, le Pantheon est l’un des deux grands édifices romains encore d’origine et intacts au XXIème siècle ! L’autre est… la Maison Carrée de Nîmes ! Un grand édifice romain, ce n’est pas une statue ou un petit monument, c’est plutôt un temple, un amphithéâtre ou un aqueduc. Si de nombreux autres édifices paraissent également intacts aujourd’hui, ils ont fait l’objet d’une reconstruction au cours du temps.

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Le Pantheon de nuit

 

Le bâtiment actuel est en fait le second Pantheon. Le premier fut détruit en l’an 80 par un incendie et celui que nous admirons fut construit entre les années 118 et 128. Les archéologues et historiens restent toutefois dubitatifs à la lecture de l’inscription située de la façade. M.AGRIPPA.L.F.COS.TERTIVM.FECIT signifie « Marcus Agrippa, fils de Lucius, a fait construire ce bâtiment au cours de son 3ème consulat« . C’est vrai… sauf qu’il s’agit du premier bâtiment ! Les historiens pensent donc que les Romains ont souhaité garder l’inscription originale lors de la reconstruction du Pantheon au IIème siècle.

Sa remarquable conservation a été facilitée par sa transformation en église dès le VIIème siècle. Aujourd’hui, une messe y est toujours célébrée le dimanche. Pour l’anecdocte, 2 tours avaient été édifiées en avant du dôme lors de la Renaissance mais ont été retirés 200 ans plus tard.

Le Pantheon a accueilli la dépouille du peintre Raphaël à sa mort puis celles des 2 grands rois de l’Italie du XIXème siècle. C’est de là que vient la signification moderne du Pantheon : honorer les grands hommes (et femmes…) de la patrie.

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Le Pantheon accueille aujourd’hui la dépouille du roi Vittorio-Emmanuele II, fondateur de l’Italie moderne

 

Voici ma vidéo avec l’extérieur puis l’intérieur.

 

Le Château Saint-Ange et le Pont Saint-Ange

Pour terminer, un rapide coup d’oeil sur le Castel Sant’Angelo et son pont du même nom. Situé proche du Vatican, il fut à l’origine le mausolée de l’empereur Hadrien qu’il a fait édifier de son vivant au IIème siècle. Son architecture est jumelle du mausolée d’Auguste situé sur l’autre rive du Tibre.

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Pillé, le bâtiment fut successivement transformé en forteresse, résidence papale et même prison. Il est aujourd’hui un musée.

Le Ponte Sant’Angelo doit son nom aux anges sculptés au cours du XVIème siècle. Ils sont censés représenter les instruments de la Passion du Christ.

La vidéo tournée sur place vous permettra de marcher virtuellement sur les lieux.

Prochain épisode : la Rome classique.

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