Djerba : présentation et conseils pour un séjour réussi

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Parfois surnommée l’île des rêves, Djerba est l’une des destinations phares du tourisme tunisien. Située au sud du pays, elle bénéficie, pour le vacancier, d’un climat très favorable et d’une situation de tranquillité en raison de l’absence de grandes agglomérations sur l’île et à proximité. En outre, elle est le point de départ de nombreuses excursions vers le désert du sud-tunisien (mon article ici !). Bien entendu, avant de commencer la lecture, allez visionner les deux vidéos que j’ai tournées sur place : une dans la synagogue de la Ghriba, une autre dans un atelier de fabrique de poteries à Guellala.

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Très brève histoire de Djerba

Appelée Meninx jusqu’au IIIème siècle avant notre ère, l’île a d’abord été occupée par les Phéniciens qui ont fondé plusieurs villes aujourd’hui disparues. Par la suite, elle fut conquise chronologiquement par l’Empire romain devenu byzantin, le royaume de Sicile et l’Empire ottoman.

En mai 1560, l’Empire ottoman a remporté l’importante bataille de Djerba contre les Espagnols. Elle s’est notamment déroulée au Bordj el-Kébir, aujourd’hui à Houmt Souk. Cette victoire lui a permis son implantation la plus lointaine en Méditerranée et la conservation d’une mainmise sur Djerba jusqu’en 1881. Intégrée au Protectorat français de 1881 à 1956, Djerba est une île tunisienne depuis.

 

Comment et quand partir ?

L’aéroport de Djerba – Zarzis vous accueille principalement avec les compagnies Transavia et Tunisair depuis la France. Il y a d’autres compagnies, je vous laisse le soin de vérifier. Si vous réservez assez tôt, les tarifs de la première citée se situent en général de 80 à 150 € aller-retour selon la saison. L’été est bien entendu la saison la plus chère. Majoritairement, ce sont des vols du matin, parfois très tôt (avant 7h). On part la tête dans le sac, pour ne pas dire ailleurs, mais ce n’est pas plus mal pour ne pas perdre la première journée. J’étais très heureux d’être en Tunisie à 9h50 alors que j’étais à Paris 3 heures plus tôt !

Djerba est une bonne destination toute l’année. Il fait bien chaud et très sec l’été, l’hiver est doux et à peine pluvieux. La meilleure saison serait un compromis entre prix compétitifs (basse saison) et climat agréable. La période du 20 septembre au 20 octobre est, selon moi, la meilleure puisque nous sommes hors vacances scolaires, en saison plutôt basse et l’eau de mer maintient sa température estivale.

Petite parenthèse, je vous précise que 1 euro vaut environ 2,5 dinars tunisiens, en tout cas au moment où j’écris ces lignes ! (avril 2017)

 

Quel type de séjour à Djerba ?

Djerba est une île tranquille. En général, les vacanciers restent 1 à 2 semaines pour s’y ressourcer. Djerba est même un havre de paix pour les retraités en saison basse. Certains peuvent rester 3 mois ou plus ! Ce qui peut paraître insensé ne l’est pas vraiment : les agences de voyage négocient des tarifs très bas et rester chez soi en France ou en Allemagne reviendrait plus cher ! Un all-inclusive dans un 4 étoiles coûte à peine 35 € par nuit par personne. La quasi-totalité des touristes à cette période sont Français et Allemands. En été, les Russes sont très nombreux. Plus l’on est proche de l’été, plus la population se rajeunit.

Je vous préviens par avance que Djerba n’est pas une île pour les aventuriers. A Djerba, il n’y a pas 10 000 activités ou choses à découvrir. Bien-sûr, on peut passer de village en village, partir à la rencontre des habitants ou s’arrêter dans un lieu qui nous plaît d’un simple coup d’œil. Mais d’une, ce n’est pas toujours une activité privilégiée des voyageurs (et c’est bien dommage !). De deux, les routes étant désertes toute l’année, sauf à proximité de quelques intersections à Houmt Souk, vous aurez terminé ce périple en 2 jours maximum, en prenant vraiment votre temps !

Alors, on vous proposera toujours de faire du quad ou du chameau (en fait, il s’agit d’un dromadaire à 1 bosse mais le terme « chameau » passe mieux auprès des touristes) mais il faut vous demander si vous êtes réellement venus à Djerba pour ça. Quoique le quad, ça a l’air funky quand même !

Personnellement, je conseille Djerba pour un séjour de détente. Il ne sert à rien de partir là-bas 3 jours comme on le ferait un weekend en Europe. Prenez le temps. Une semaine me semble être une durée parfaite. Vous aurez le temps de faire de belles excursions sur lesquelles je reviendrai dans un autre article.

 

Où séjourner à Djerba ?

A moins que quelqu’un puisse vous héberger, les options ne seront pas très nombreuses. Beaucoup de vacanciers passent par des agences de voyage. Je vous déconseille cette option. Pourquoi ? Non pas parce que les agences de voyage sont mauvaises, elles font formidablement leur travail. Mais, à moins que vous ne soyez retraité (on ne sait jamais), vous payerez toujours moins cher en vous organisant seul ! C’est même un principe de base pour tout voyage.

La Tunisie souffre d’une crise de son secteur touristique depuis quelques années. Djerba n’échappe pas à la règle. En conséquence, les tarifs des hôtels sont extrêmement bas. En partant en saison basse, d’octobre à avril, il est possible qu’un séjour en demi-pension (half-board) dans un beau 4 étoiles ne vous coûte que 20 € par nuit par personne et 35 € pour un all-inclusive (tout-inclus). L’été, les prix sont au maximum doublés. Mais, si la fréquentation n’est pas au rendez-vous, l’hôtelier baissera ses prix.

Autrement dit, Djerba est une destination très économique pour se loger. La quasi-totalité des hôtels se trouvent dans la Zone Touristique située au nord-est de l’île. Si les hôtels sont collés les uns aux autres, ils sont tous séparés par une belle végétation. On n’a donc pas l’impression de se marcher sur les pieds. Enfin, les hôtels en bord de mer disposent en général d’une plage privée et bien entendu d’une belle piscine !

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D’autres moyens de se loger ? Oui ! Vous pouvez louer des appartements, soit dans la Zone Touristique, soit dans les terres. Personnellement, je pense que les deux options sont bonnes. Nous avons choisi l’hôtel par simplicité et parce que les déplacements y sont aisés.

 

Se déplacer à Djerba

Disons-le tout de suite, se déplacer en transports en commun est un parcours du combattan! Il est très difficile de trouver les lignes de bus. Si, par miracle, vous en identifiez une, vous n’aurez jamais les horaires ! Quand vous croisez une ligne de bus par hasard, vous ne saurez jamais ni elle va, ni d’où elle vient. Enfin, ces bus semblent tout droit sortir du Moyen-Âge automobile : positif pour l’authenticité, moins pour l’environnement et le confort ! Bien-sûr, le prix doit être sacrément avantageux mais monter dans un bus relèvera plutôt du coup de chance.

Il existe aussi des louages qui sont, pour simplifier, des taxis partagés. Je n’en ai vu aucun à Djerba ou alors il n’y a pas d’insigne pour les reconnaître. Je dois avouer ne pas m’être renseigné sur ce type de déplacement mais il a l’avantage d’être à la fois local et probablement plus économique qu’un taxi.

Le déplacement commun à Djerba est le taxi. Oui, vous avez bien lu ! Les taxis sont très bons marchés et, à ce jour, le compteur démarre à 0.450 dinars (20 centimes d’euro). Un trajet aéroport – Zone Touristique ne vous coûtera pas plus de 7 € si tout va bien. En outre, les chauffeurs de taxi sont, en grande majorité, très sympathiques et essaient d’engager la discussion avec vous. L’un d’entre eux nous a même proposé de faire un petit tour de l’île, de la Zone Touristique à Guellala (aller-retour), en y faisant plusieurs arrêts, dont la visite du musée de Guellala pour laquelle il nous a attendus. Le tout pour 30 dinars (environ 13 €) à 2 !

On peut aussi louer des scooters et bien-sûr des voitures, les deux pour un prix le plus souvent plus élevé que les taxis. Si les routes sont quasi-désertes, la conduite erratique des locaux fait que vous risquez votre vie à chaque intersection !

Je conseille plutôt de privilégier le taxi (notez-le bien, ce sera rare !). Si vous en avez la possibilité, prenez une fois un bus ou un louage pour vivre une véritable expérience locale.

Que faire et que voir à Djerba ?

Comme je l’ai déjà indiqué, Djerba est une île où l’on peut se reposer. S’il vous est impossible de ne rien glander, faites de manière plus espacée les conseils que je vais vous donner à partir du paragraphe suivant.

Tout d’abord, je ne conseille pas les activités très touristiques et peu utiles à mon sens. Le meilleur exemple est le Djerba Explore Park où vous ne verrez que des crocodiles. L’autre exemple plus contrasté est l‘île aux flamands roses. La couleur de l’eau est unique à Djerba, la balade en bateau-pirate peut être rigolote mais c’est un peu l’usine à touristes. Si vous voulez vraiment choisir l’un des deux, choisissez le second.

Les lieux de visite immanquables de Djerba se comptent à peine plus que sur les doigts d’une main, ce qui n’est pas un désavantage. Ce n’est pas forcément un itinéraire, vous choisissez, Djerba est une petite île !

Commençons par la synagogue de la Ghriba. Cette synagogue peut être considérée comme l’un des édifices juifs les mieux conservés du monde arabe. La communauté juive de Djerba est importante, notamment au village d’Erriadh situé à 200 mètres de la synagogue. Vous passerez d’abord un contrôle de sécurité puis arriverez dans l’ensemble de La Ghriba avec la synagogue sur la gauche et les pensions des pèlerins sur la droite. Ce 2ème bâtiment présente peu d’intérêt. A l’intérieur de la synagogue, les lustres et faïences à majorité bleue sont les beautés de la première salle et la seconde est celle des prières où une offrande vous est demandée, entre 1 et 3 dinars. La visite dure environ 20 minutes. Voici l’intérieur de la synagogue.

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Proche de la Ghriba, le village d’Erriadh est connu par son quartier street art de Djerbahood ou, plus exactement, par les artistes d’art urbain qui se sont exprimé à Erriadh dans le cadre du projet Djerbahood. En effet, Djerbahood n’est pas un quartier mais un projet ! Pour ceux qui sont abonnés à mon compte Instagram, j’ai effectué de nombreuses photos de ce musée à ciel ouvert très inspirant. En 2014, la Galerie Itinerrance de Paris a laissé s’exprimer 150 artistes de 30 pays dans les rues du village pour un résultat bluffant. Je vous donne en bas de page le lien du site officiel du projet qui vous présente les artistes, les œuvres, ainsi que les autres quartiers du monde où le projet a pu s’exprimer. Ce quartier est excellent pour des photos étonnantes !

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Ensuite, rendons-nous à Guellala. Cette ville propose un double intérêt. Le premier est le musée de Guellala. Il présente la culture djerbienne à travers ses coutumes, costumes, traditions, activités, légendes, etc. Le mariage y occupe une place importante mais pas seulement. Vous y verrez par exemple la fabrication artisanale de l’huile d’olive (3ème photo), un exemple de buvette en extérieur (5ème photo) et même un dromadaire enchaîné malgré lui (4ème photo). Le bâtiment blanc abritant le musée est très beau et vaut le détour (1ère photo). La 2ème photo représente la fabrication de poteries. L’entrée est fixée à 3 dinars, auxquels il faut ajouter 2 dinars pour les droits photos. La visite dure environ 1 heure.

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Le second intérêt de Guellala est son savoir-faire reconnu en matière de poterie. De nombreux ateliers de poterie sont présents partout dans la ville, en extérieur comme en intérieur. Il est assez simple d’en visiter un, d’autant que vous ne résisterez pas bien longtemps à l’idée d’acheter un petit souvenir. Vous pouvez avoir une petite poterie sympathique pour 5 dinars. Dans ma vidéo et sur cette photo, l’atelier de poterie en extérieur est situé en périphérie de la ville sur le point culminant de Djerba fixé à… 52 mètres !

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Quid des mosquées ? Il y en a beaucoup à Djerba. Si je dois vous en conseiller une, c’est la mosquée Fadhloun située proche de Midoun. Datant du XIVème siècle, elle est d’une blancheur éclatante comme les autres mosquées de l’île mais son patrimoine architectural est unique. L’intérieur, qui ne semble pas pouvoir être visité, est situé en sous-sol. La visite est très courte, un petit arrêt de 5 minutes suffit.

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Lors de vos trajets en voiture, vous pourrez passer devant des puits d’eau douce, notamment sur la petite route entre la mosquée Fadhloun et Guellala. L’eau douce est en effet une source rare à Djerba. Elle est importée directement depuis le continent en majorité. La sécheresse se remarque partout, la production d’olives en pâtit. C’est la raison pour laquelle ce climat, très favorable aux voyageurs, peut être très difficile pour les locaux car la pluie peut être attendue comme le messie.

Si vous êtes en taxi, proposez au chauffeur de vous emmener près d’un puits, il fera volontiers un arrêt de 5 minutes. La photo a été prise près du village de Mahboubine.

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On continue vers la capitale, Houmt Souk. Tout d’abord, dirigez-vous vers le front de mer et le Bordj-el-Kébir, aujourd’hui appelé Fort Ghazi Mustapha. Cet édifice a joué un rôle central lors de la guerre de Djerba en 1560 et se visite aujourd’hui. Si celui-ci a été restauré, son architecture et son placement en bord de mer mérite que l’on aille y faire un petit tour. L’intérieur se visite pour à peine 1,10 dinars. La visite extérieure dure 20 minutes, en comptant le trajet aller-retour à pied depuis l’entrée du marché d’Houmt Souk.

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Ah, que serait Djerba sans ses marchés ! Tous les villages de Djerba ont leur marché mais les deux principaux se trouvent à Midoun et Houmt Souk. Les samedis après-midi et dimanches matins, vous flânerez à Midoun. Les dimanches après-midi et lundis matins, vous irez à Houmt Souk. Beaucoup de choix, une impossibilité de repartir les mains vides quand on voit les épices, le thé, le poisson, les encens et bien d’autres produits plus ou moins authentiques que l’on trouve très difficilement en France ou à un prix bien plus élevé. Alors, on ne ramène pas de poisson hein, plutôt des épices ! Dans ces marchés, faites attention aux personnes se prétendant cuisinier, gardien ou masseur de votre hôtel et souhaitant vous emmener hors du marché. Dites gentiment mais fermement « non merci » et tout ira bien. Je suis resté une petite heure au marché et cela suffit.

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Et la gastronomie ? A Djerba, on mange le couscous au poisson ! Les produits de la mer sont en effet la spécialité de la cuisine djerbienne et on y trouve d’excellents poissons frais. Pour le reste, ce sont essentiellement des spécialités tunisiennes comme la chorba et le méchoui (j’en oublie beaucoup !).

 

Alors Djerba, on y va ?

Bien entendu ! Djerba est une île sympathique, où vous pouvez vous ressourcer, profiter du beau temps et voir des paysages semi-désertiques comme vous n’en avez probablement jamais vus. Djerba est également une destination économique où les produits de la vie de tous les jours sont bien moins chers qu’en France et où les hôtels-resorts sont à tarif avantageux.

Essayez d’être impliqué le plus possible dans des activités locales comme les marchés plutôt que de passer trop de temps à votre hôtel. Toutes les visites que j’ai conseillées se doivent d’être faites car vous aurez le temps et elles valent le coup.

Vous y mangerez très bien, que ce soit en extérieur ou à votre hôtel, le tout pour des prix très bas. Si vous aimez les produits de la mer, vous serez au paradis. Si vous êtes végétarien, vous avez un choix colossal d’excellentes salades.

Djerba est également un point de départ idéal vers le désert, vers Tataouine et Chenini notamment. J’y consacrerai le prochain récit.

Un défaut à Djerba ? Si je dois en retenir un, c’est la saleté. Malheureusement, la propreté de ses paysages laisse une mauvaise image : de nombreuses ordures, notamment des sacs plastiques, traînent partout et certains endroits de l’île ressemblent à des décharges à ciel ouvert alors qu’ils ne sont pas destinés à cela. L’environnement me tient particulièrement à coeur et il y a énormément de travail à effectuer sur place.

Enfin, n’ayez crainte pour votre sécurité, il ne vous arrivera pas plus que chez vous ! Je reviendrai sur cet aspect dans un autre article, différent de celui sur les excursions désertiques.

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